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Congé maternité : mode d’emploi

 

Une de vos salariées attend un heureux événement ? Le congé maternité s’impose ! Attention cependant : ce congé possède des caractéristiques bien spécifiques. Nous vous expliquons tout ce qu’il y a à savoir sur le congé maternité !

Durée minimale et maximale du congé maternité

Le congé maternité rassemble deux périodes distinctes : le congé prénatal et le congé postnatal. La somme des durées de ces deux congés constitue celle du congé maternité. La durée du congé maternité varie selon plusieurs critères. Dans le cas de la naissance d’un seul enfant, la durée du congé va varier selon le nombre d’enfants déjà à charge par la salariée, selon le barème suivant :

Nombre d’enfants déjà à charge Durée du congé prénatal Durée du congé postnatal Durée totale du congé maternité
Aucun enfant 6 semaines 10 semaines 16 semaines
1 enfant 6 semaines 10 semaines 16 semaines
2 enfants ou plus 8 semaines 18 semaines 26 semaines

 

La salariée n’est pas obligée de prendre la totalité de son congé maternité. Toutefois, une durée minimale reste imposée. Si la salariée décide de réduire son congé maternité, elle devra au minimum cesser de travailler 8 semaines, dont 6 après son accouchement. Il est possible pour la salariée d’anticiper son début de congé prénatal de 2 semaines maximum en cas de naissance d’un troisième enfant. Dans ce cas, le congé postnatal est réduit d’autant.

Lorsque la future maman attend des jumeaux, des triplés ou plus, la durée du congé maternité est allongée selon le barème suivant :

 

Nombre d’enfants à naître Durée du congé prénatal Durée du congé postnatal Durée totale du congé maternité
2 enfants 12 semaines 22 semaines 34 semaines
3 enfants ou plus 24 semaines 22 semaines 46 semaines

Dans un cas de naissances multiples, il est possible pour la salariée d’anticiper son début de congé prénatal de 4 semaines maximum. En cas d’avance, le congé postnatal sera quant à lui réduit de la même durée.

À savoir : Durant tout le congé maternité et dans les 10 semaines qui suivent son expiration, la femme enceinte salariée bénéficie du statut de salarié protégé.

Bénéficier de l’indemnité de congé maternité

Durant son congé de maternité, la salariée peut bénéficier d’une indemnisation versée par la Sécurité Sociale. Pour cela, plusieurs conditions doivent être réunies :

 

  • Cesser de travailler durant toute la période d’indemnisation, pendant 8 semaines minimum ;
  • Être affiliée à la Sécurité Sociale depuis au moins 6 mois en tant que salariée ;
  • Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l’arrêt de travail, ou avoir cotisé sur la base d’un salaire équivalent à 1 015 fois le SMIC au cours des 6 mois précédant l’arrêt de travail.

L’indemnité journalière est calculée selon les étapes suivantes :

 

  • Calcul du salaire journalier de base : somme des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25 ;
  • Le salaire pris en compte est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026) ;
  • Le montant maximum de l’indemnité journalière maternité est de 104,02 € par jour au 1er janvier 2026 (avant déduction des 21 % de charges sociales).

Aucun délai de carence ne s’applique : le versement démarre dès le premier jour du congé, tous les jours de la semaine y compris les samedis, dimanches et jours fériés. Les indemnités sont versées tous les 14 jours par la CPAM. L’indemnité journalière sera perçue pendant les 6 semaines précédant la date estimée de l’accouchement et pendant 10 semaines après la naissance de l’enfant, pour une durée totale d’indemnisation de 16 semaines.

En cas de naissances multiples prévues, le début de la période d’indemnisation se fera :

  • 12 semaines avant la date présumée de l’accouchement en cas de naissance de jumeaux ;
  • 24 semaines avant la date présumée de l’accouchement en cas de naissance de triplés ou plus.

La période d’indemnisation se terminera 22 semaines après l’accouchement dans ces deux cas de naissances multiples.

L’indemnité de congé maternité en contrat saisonnier

En cas de contrat saisonnier, ou de profession à caractère discontinu, il est possible pour la salariée de percevoir une indemnité au titre de la maternité, sous réserve de valider une des deux conditions suivantes :

 

  • Avoir travaillé au moins 600 heures au cours de l’année précédant la date de grossesse ou du congé prénatal ;
  • Avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le SMIC au cours des 12 mois précédant le début du congé maternité.

Report du versement de l’indemnisation

En cas d’accouchement prématuré, la période d’indemnisation n’est pas réduite. Sa durée totale reste donc la même. La salariée peut demander un repos supplémentaire si son enfant est né 6 semaines avant la date d’accouchement prévue et qu’elle doit subir une hospitalisation obligatoire.

La salariée peut toutefois demander, si son état de santé le permet, un report d’une partie de son congé prénatal sur son congé postnatal. Ce report peut se faire en une fois pour une durée maximale de 3 semaines, ou pour une durée fixée par le médecin traitant, renouvelable une ou plusieurs fois dans une limite de 3 semaines.

Si des complications d’ordre médical surviennent lors de la grossesse ou à l’accouchement (risque de fausse couche, accouchement prématuré, dépression postnatale, etc.), le médecin peut prescrire un congé pathologique.

Si un état pathologique lié à la grossesse ou l’accouchement est attesté par un médecin via certificat médical, le congé maternité est allongé en fonction de l’état pathologique. Cet allongement est limité à :

  • 2 semaines avant la date prévue de l’accouchement ;
  • 4 semaines après la date de l’accouchement.

En cas d’application du congé pathologique en période prénatale, la salariée peut bénéficier des indemnités journalières maternité. En période postnatale, l’indemnisation se fait selon le même régime que celui applicable en cas de maladie ordinaire.

Protection absolue

Un employeur ne peut en aucun cas rompre le contrat de travail d’une salariée en état de grossesse médicalement constaté pendant les périodes de suspension du contrat de travail découlant de cette situation. On parle de protection absolue de la salariée en congé maternité, levée à la fin de son congé. 

Pendant les 10 semaines qui suivent ce congé, la protection devient « relative » et autorise l’employeur à notifier un licenciement uniquement en cas de faute grave pour un motif étranger à la maternité.

À savoir : La date de début de la période de protection relative n’est pas reportée en cas d’arrêt de travail pour maladie ou en cas de dispense d’activité rémunérée par l’employeur consécutif au congé de maternité.

Les droits de la salariée à l’issue du congé maternité

Le retour de congé maternité s’accompagne de plusieurs garanties importantes pour la salariée :

 

  • Retour au poste : à l’issue du congé, la salariée retrouve son poste ou un poste similaire, avec une rémunération au moins équivalente ;
  • Ancienneté : toute la durée du congé maternité compte intégralement pour le calcul de l’ancienneté ;
  • Congés payés : le congé maternité ouvre droit à l’acquisition de congés payés, comme si la salariée avait travaillé.

Et après le congé maternité ? Le congé supplémentaire de naissance

Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau dispositif vient compléter les congés parentaux existants : le congé supplémentaire de naissance. Il ne remplace pas le congé maternité, le congé de paternité ou le congé d’adoption : il s’y ajoute, une fois ces droits entièrement épuisés.

Chaque parent peut ainsi bénéficier d’un ou deux mois de congé supplémentaire indemnisé, pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d’un mois. Les deux parents peuvent le prendre simultanément ou en alternance, dans les 9 mois suivant la naissance.

L’indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Le versement est assuré par la caisse d’assurance maladie, sans coût supplémentaire pour l’employeur.

Sont concernés les parents d’enfants nés ou arrivés au foyer à partir du 1er janvier 2026.

Pour aller plus loin : retrouvez notre article dédié « Congé supplémentaire de naissance : ce que les RH doivent anticiper avant le 1er juillet 2026 » pour le détail complet des modalités, des obligations déclaratives en DSN et des textes réglementaires applicables.

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