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facturation électronique

Un mauvais montant, un taux de TVA incorrect, une facture envoyée à la mauvaise entreprise… Ces erreurs arrivent. Et jusqu’ici, un coup de téléphone suffisait souvent à les régler.

Avec la réforme de la facturation électronique obligatoire dès 2026, ce n’est plus possible.

Chaque correction doit être formalisée par un document officiel : l’avoir ou la facture rectificative, transmis via une Plateforme Agréée.

Dans cet article, on vous explique simplement la différence entre ces deux documents, quand utiliser l’un ou l’autre, et comment ça se passe concrètement.

Avoir ou facture rectificative : quelle différence ?

L’avoir : je corrige une partie de la facture

L’avoir (ou note de crédit) réduit le montant d’une facture déjà émise. La facture d’origine reste valable : l’avoir vient simplement en déduire une partie. Le client paie la différence.

Exemple : vous avez facturé 1 000 €, mais une remise de 10 % avait été convenue. Vous émettez un avoir de 100 €. Le client règle 900 €.

La facture rectificative : je remplace entièrement la facture

La facture rectificative annule la facture d’origine et la remplace par une nouvelle, corrigée. L’ancienne est officiellement annulée et le client ne paie que la nouvelle.

Exemple : vous avez appliqué un taux de TVA incorrect sur toute la facture. Plutôt que de bricoler un avoir, vous l’annulez et en émettez une nouvelle, juste.

À retenir

L’avoir corrige sans supprimer. La facture rectificative remet les compteurs à zéro.

Ces deux documents suivent exactement le même circuit que les factures : format électronique, Plateforme Agréée, archivage légal.

Avant tout : le statut « En Litige »

Dans la réforme, quand un acheteur conteste une facture, il doit déclencher officiellement le statut « En Litige », c’est-à-dire une notification envoyée au vendeur via les plateformes électroniques.

Ce statut doit préciser la raison du problème (montant erroné, TVA incorrecte, doublon…) et ce que l’acheteur attend en retour : un avoir, une nouvelle facture, ou une autre correction.

La règle d’or (recommandée par l’AFNOR)

Préférez toujours le statut « En Litige » plutôt que de refuser une facture.

Refuser clôture le dossier sans laisser de porte de sortie. Le litige, lui, permet de corriger les choses proprement, tout en gardant une trace de tout ce qui s’est passé.

Facture d’acompte

Gérer un litige avec un avoir : les 6 étapes

  1. L’acheteur pose le statut « En Litige » sur la facture, avec le motif et sa demande (ici : un avoir).
  2. Le vendeur reçoit la notification et crée l’avoir, soit total (il annule tout), soit partiel (il réduit le montant).
  3. L’avoir est transmis électroniquement, comme une facture normale.
  4. L’acheteur valide les deux documents (facture initiale + avoir) en les passant au statut « Approuvée ».
  5. Si l’avoir est partiel, l’acheteur règle la différence et confirme le paiement.
  6. Le vendeur encaisse et clôture le dossier avec le statut « Encaissée » sur les deux documents.

💡 L’avoir ne supprime pas la facture initiale. Les deux documents coexistent, et c’est leur différence qui détermine le montant réellement dû.

Gérer un litige avec une facture rectificative : les 6 étapes

  1. L’acheteur pose le statut « En Litige » et demande une facture rectificative.
  2. Le vendeur crée une nouvelle facture, qui mentionne obligatoirement le numéro de la facture annulée. Sans cette référence, le document est invalide.
  3. La nouvelle facture est transmise électroniquement. L’ancienne passe au statut « Annulée ».
  4. L’acheteur annule la comptabilisation de l’ancienne facture dans ses livres et traite la nouvelle normalement.
  5. L’acheteur règle la nouvelle facture et confirme le paiement.
  6. Le vendeur encaisse et pose le statut « Encaissée » sur la nouvelle facture.

💡 Contrairement à l’avoir, la facture rectificative remet tout à zéro. L’acheteur doit impérativement annuler l’enregistrement de la première facture dans sa comptabilité.

Tableau comparatif : avoir vs facture rectificative

Les 4 règles à respecter

  • Statut « En Litige » obligatoire : déclenchez-le avant tout avoir ou facture rectificative. C’est une obligation réglementaire.
  • Motif obligatoire : précisez toujours la raison du litige. Sans motif, la contestation n’est pas recevable.
  • Référence à la facture d’origine : pour une facture rectificative, mentionner le numéro de la facture annulée est obligatoire. Sans ça, le document est invalide.
  • Clôturez le cycle : ne laissez pas une facture bloquée en litige. Une fois la correction envoyée, mettez à jour le statut de la facture initiale.

FAQ : Avoirs et factures rectificatives en facturation électronique

Un avoir annule-t-il automatiquement la facture initiale ?

Non. L’avoir ne supprime pas la facture, il la compense. Les deux documents coexistent. Si vous souhaitez vraiment annuler une facture et en émettre une nouvelle, c’est la facture rectificative qu’il faut utiliser.

Peut-on encore régler un litige de facturation par téléphone ou email ?

Pas avec la réforme de 2026. Toutes les corrections devront être formalisées par un document électronique officiel, transmis via une Plateforme Agréée. Les arrangements informels ne seront plus reconnus pour les échanges B2B soumis à la réforme.

Peut-on refuser une facture directement, sans passer par le litige ?

Techniquement oui, mais l’AFNOR le déconseille fortement. Refuser clôture le cycle de vie sans possibilité de correction. Le statut « En Litige » maintient la porte ouverte pour régulariser la situation proprement.

Les petites entreprises sont-elles concernées par ces règles ?

Oui, à terme. La réforme s’applique progressivement à partir de 2026 à toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA, en commençant par les grandes entreprises et les ETI, puis les PME et TPE. Mieux vaut anticiper dès maintenant.

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